Champagne Lointier

Il existe, au détour des collines champenoises, des vignerons qui choisissent le chemin de traverse. Pas celui de la facilité, ni celui du volume. Celui de la conviction et du risque assumé. Jean-Baptiste Lointier est de ceux-là.

Installé à Brasles, dans la douce et secrète Vallée de la Marne, ce vigneron discret a tout réinventé à sa façon. Après quelques années aux côtés de son père, il rompt avec la tradition familiale et reprend en 2016 les 3,5 hectares hérités du côté de sa grand-mère. Avec sa compagne Hélène, ils ne produisent que 3 000 à 5 000 bouteilles par an. Ici, chaque bouteille compte. Chaque bouteille est rare.

On pourrait appeler ça des vins de garage et Jean-Baptiste l’assume totalement. Pas d'infrastructure industrielle, pas de processus standardisé, pas de recette reproductible à l'infini. Juste deux passionnés, leurs mains, leurs vignes, et une ambition tranquille : faire du champagne vivant, vrai, singulier.

Chez les Lointier, le respect de l'environnement n'est pas un argument de vente, c'est une philosophie de vie. Le domaine est conduit en biodynamie, certifié bio depuis 2023. Les herbicides et insecticides sont bannis. Le sol est travaillé mécaniquement sous les rangs, enherbé entre les rangs pour favoriser la biodiversité et la vie microbienne. Les raisins sont vendangés à la main, triés à la récolte, récoltés à maturité optimale.

Ici, on n'impose rien à la nature. On l'écoute, on l'accompagne. Et elle le rend bien.

 

Avant les vignes, il y avait les abeilles. Le grand-père de Jean-Baptiste, apiculteur passionné, lui a transmis cet amour des butineuses, ces sentinelles de l'écosystème, premières victimes des intrants chimiques, premières bénéficiaires d'un vignoble sain. Hélène et Jean-Baptiste sont eux-mêmes apiculteurs. Chaque cuvée porte le nom d'une espèce d'abeille : un hommage, une cohérence, une promesse renouvelée à chaque millésime.

Leurs étiquettes à l'effigie de l'abeille mellifère ne sont pas un artifice. Elles sont une déclaration d'intention. La Mellifera, c'est la grande abeille mellifère et le champagne qui lui rend hommage lui ressemble : délicat en apparence, d'une précision redoutable au fond.

Un blanc de noirs élevé 11 mois en fûts de chêne sur lies, sans fermentation malolactique, sans collage ni filtration. Aucun intrant inutile, aucune retouche cosmétique. Ce que vous avez dans le verre, c'est exactement ce que la vigne et le millésime ont voulu donner ni plus, ni moins. En bouche, c'est un bel équilibre entre la profondeur du pinot noir et la gourmandise du pinot meunier. Le fruit est là, généreux (cerise charnue, note boisée fine et bien fondue ) porté par des bulles d'une élégance rare.